
Ici, mon intention n’est pas de dénoncer des vérités tirées d’un livre, mais de partager mon expérience, telle qu’elle s’est déposée en moi au fil du temps — entre méditation, thérapie et exploration intérieure.
J’ai longtemps cru que le bonheur demandait des efforts.
Qu’il fallait travailler sur soi, se transformer, se réparer presque, pour accéder à un état de paix intérieure plus stable, plus continu.
Derrière cela, une croyance silencieuse mais profondément ancrée :
la paix ne serait pas notre état naturel, mais quelque chose à atteindre, à construire, à mériter… au prix d’un travail exigeant.
C’est un sujet qui touche à quelque chose de très intime en nous.
Alors j’espère que mon cheminement pourra éclairer ou ouvrir un espace de questionnement pour votre chemin.
🌿 1ère remise en question : ma première retraite de méditation
À la fin de ma première retraite en silence, quelque chose s’est ouvert.
Pas de manière spectaculaire, mais comme un voile qui se soulève doucement: un sentiment de paix intérieure.
Un espace de conscience que je n’avais connu auparavant que par brèves étincelles.
Un état de paix profond, une acceptation presque évidente de ce qui est, accompagné d’un amour inconditionnel.
Dans les jours qui ont suivi, je me suis vue pleurer de joie, sourire face à des situations qui, auparavant, m’auraient stressé.
Et une question est apparue, simple et vertigineuse à la fois :
Cet état peut-il durer ?
Et surtout… pourquoi ne m’avait-il jamais semblé aussi accessible auparavant ? Pourquoi maintenant ?
🌿 2ème remise en question : après certaines séances d’EMDR
Dans mon expérience, autant personnelle que clinique, il arrive qu’après l’intégration d’un trauma, quelque chose se relâche profondément.
Comme si, l’espace d’un instant, tout redevenait simple.
Comme si rien n’avait besoin d’être changé pour que tout soit déjà “ok”.
Une paix intérieure, un calme, profond, ancré.
Souvent accompagnée d’un sentiment d’ouverture, comme une compréhension intime que, d’une certaine manière… tout est déjà à sa place.
Avec le temps — la méditation, la respiration consciente, le travail thérapeutique — ces états ont commencé à apparaître plus souvent.
En spiritualité, on parle parfois d’état non-duel :
un espace où les choses ne sont plus séparées en bon ou mauvais, mais simplement perçues dans leur présence.
Et pourtant… ces états passent.
🧠 Alors, la paix est-elle vraiment notre état naturel ?
Du point de vue des neurosciences, la réponse invite à la nuance.
Notre cerveau n’est pas conçu pour être heureux, mais pour survivre.
Il est constamment en train de scanner, d’anticiper, de détecter ce qui pourrait menacer notre équilibre — ce que l’on appelle le biais de négativité.
Dans ce sens, il est presque logique qu’un état de paix continue semble difficile à maintenir.
Notre système nerveux revient spontanément vers la vigilance, vers le mouvement.
Et pourtant, quelque chose d’essentiel vient nuancer cela :
le cerveau est malléable.
Il se transforme au fil de nos expériences.
Les pratiques comme la méditation modifient en profondeur notre manière de réguler nos émotions, d’habiter nos états internes.
Autrement dit, la paix n’est peut-être pas notre état automatique…
mais elle reste profondément accessible, cultivable.
🌍 Et si notre environnement jouait aussi un rôle ?
Le monde dans lequel nous vivons est-il réellement propice à la paix ?
Un rythme rapide, des sollicitations constantes, une stimulation continue du système nerveux, une vie souvent éloignée des cycles naturels…
Peut-être que ce que nous appelons “difficulté à être en paix” est aussi le reflet d’un environnement qui ne soutient pas cet état.
🧘♀️ Et du point de vue spirituel ?
La perspective s’inverse presque.
Et c’est là que, pour moi, quelque chose devient particulièrement vivant.
Dans de nombreuses traditions, la paix n’est pas à construire.
Elle serait déjà là, en arrière-plan de toutes nos expériences.
Ce qui nous en éloigne ne serait pas un manque… mais une accumulation :
- de conditionnements
- d’histoires
- de mécanismes de protection
Ce que l’on appelle l’ego — cette voix qui commente, compare, interprète — maintient une forme de tension, comme un léger bruit de fond permanent.
Dans cette vision, il ne s’agit pas de devenir heureux.
Mais de voir, peu à peu, ce qui empêche la paix d’être ressentie.
🌊 Pourquoi ces états ne durent-ils pas ?
Peut-être parce que reconnaître la paix et y demeurer sont deux choses différentes.
Après ces moments d’ouverture, les anciens circuits reprennent doucement leur place.
Les habitudes de pensée se réactivent.
L’attention se redépose sur le mental.
La paix ne disparaît pas forcément…
mais elle n’est plus au premier plan.
Certaines traditions parlent de deux mouvements :
reconnaître… puis stabiliser.
Comme si voir était une chose,
mais habiter pleinement cette vision en était une autre.
🌱 Une autre manière de voir les choses
Aujourd’hui, ce que mon expérience m’amène à sentir est plus nuancé, mais aussi plus doux.
Peut-être que la paix est, d’une certaine manière, notre nature profonde…
mais qu’elle n’est pas encore notre fonctionnement par défaut.
Et dans ce sens, le “travail sur soi” ne serait pas une lutte pour devenir quelqu’un de meilleur,
ni une quête pour atteindre un état particulier.
Mais plutôt un désapprentissage.
Un effeuillage patient.
Retirer, couche après couche, ce qui nous éloigne de cette simplicité.
✨ Et si…
Et si, finalement, le chemin n’était pas de devenir heureux…
mais de laisser apparaître ce qui est déjà là, lorsque tout le reste s’apaise ?
J’aime beaucoup partager les livres qui m’ont inspiré sur ce chemin, alors aujourd’hui voici l’un des livres qui a ouvert la porte vers ces questionnements, sous forme romancé:
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